30-03-2017
 
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VOIES DU REBETIKO

documentaire,16mm, couleur, 52' et 66' - 2003


Sélections : Fipa, Festivals Internationaux de Salonique, Istanbul, La Rochelle, Haifa, Montpellier, Prague...

 

 

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résumé

Le rebetiko est la chanson populaire grecque par excellence. Né dans les bas-fonds du Pirée, au début du siècle, il dit avec des mots simples la vie des gens simples : joies et peines de l'amour, la dureté du travail, la drogue et la prison, l'exil. La chanson dite rébètiko apparaît sur fond de catastrophe historique : l'expulsion d'un million et demi de Grecs de leur patrie millénaire en Asie Mineure suite à la guerre greco-turque de 1922, et leur installation comme réfugiés dans les banlieues des grandes villes grecques. Leur arrivée transforme une expression musicale à l'origine improvisée collectivement dans la prison et les tekke - endroits où on fumait du haschich encachette - en chanson populaire des bas fonds.

 

 

note des réalisateurs

Voies du Rebetiko n'est pas un film "sur" le rebetiko. Nous avons essayé de filmer cette musique, d'épouser son rythme, de suivre ses mouvements, de manière à ce que le langage cinématographique même devienne rythme et poésie (c'est à dire musique). Notre film fait le pari de laisser le rebetiko parler pour lui-même. Le film retourne à la source du rebetiko et raconte son histoire (et de manière implicite celle du pays) ainsi que la persistance de son mythe, mais montre surtout sa transmission et son actualité. Nous avons filmé la musique rebetiko chantée, dansée, écoutée par les jeunes. Filmé dans les petites tavernes des ports et même en prison, Voies du Rebetiko crée, l'espace d'une nuit, une topographie imaginaire de cette chanson, topographie du souvenir autant que du désir, où se superposent les endroits et les époques du rebetiko, où les voix des grands rébètes se mêlent au bruit et à la fureur de la Grèce moderne.

 

 

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interview donnée à l'occasion du FESTIVAL DE MUSIQUE DEMONTPELLIER

questions de Olivier Bernard

 

Le rébétiko parait comme la Chanson populaire grecque par excellence. Sa légende rappelle qu'elle est née dans les bas-fonds des principales villes, et bien sur au Pirée, au début du 20è siècle. Sa diffusion dans l'espace hellénique et sa transformation s'expliquent notamment par la Catastrophe de 1922, l'expulsion d'un million et demi de Grecs hors d'Asie Mineure. Peut-on évaluer l'impact des rébètes de cette époque auprès du public urbain? Pourquoi cette musique populaire, par certains aspects clandestine, était-elle écoutée massivement?

La Grèce de cette époque était pauvre, populaire, douloureusement éprouvée par les soubresauts de l'Histoire et les bouleversements sociétaux pré-industriels. Et là le rébètiko dit avec des mots simples la vie des gens simples : joies et peines de l'amour, la dureté du travail, la drogue et la prison, l'exil. Son énorme succès vient de là. Mais ce n'est pas tout de suite. Il faut attendre sa diffusion par disque 78t, dans les années trente, pour qu'il sorte de la "clandestinité" et touche vraiment des larges pans du peuple des villes.


Par son contenu ironique et sans tabous, le rébétiko est une musique étonnement subversive. La censure de Metaxas, l'occupation nazi, la période de la guerre civile, la dictature des Colonels n'ont pu l'éradiquer. Comment expliquez-vous cette capacité de survie?

La longevité du rébètiko tient au fait qu'il a su, pendant un demi-siècle, être un miroir de l'expérience d'un peuple dans son quotidien. Mais si certaines chansons ont en effet une charge subversive, le rébètiko n'a jamais eu de révendication politique ou sociale. Ainsi parle-t-il del 'expérience humaine de l'exil, et les gens y reconnaîssent leur vie pendant la catastrophe de 1922, ou lors des grandes vagues d'émigration qui ont saigné le pays dans les années '20 et jusque dans les années '60; ou bien le rébètiko rend compte, à travers un "dimanche nuageux", pour prendre l'exemple le plus célèbre, de la tristesse de l'occupation nazie, laquelle n'est bien évidemment jamais directement nommée. Aussi n'y a-t-il presque pas de chanson qui évoque la guerre civile. Trois quarts des chansons rébètiko sont des chansons d'amour.
Quant à la dictature des colonels, il ne faut pas confondre les choses. Personne n'y écrit de rébètiko. Seulement, l'interdiction des chants de résistance ouvertement contestaires (p.ex. de Mikis Théodorakis),fait des chansons rébètiko, devenus des classiques, un refuge et leur rend ainsi une alterité sociale que le succès et la récupération bourgeoise leur avait enlevé depuis un certain temps déjà.

Que pensez-vous de son actuel renouveau?

Il n'y a pas de renouveau. Les conditions historiques et sociales qui ont fait naître le rébètiko, sont definitivement révolues. On n'en compose plus depuis le début des années 60. Il y a, par contre, une sorte de retour aux sources. Beaucoup de jeunes ne se reconnaissent pas dans les musiques préfabriquées, à la mode aujourd'hui. Ils recherchent l'authenticité et se tournent alors tout naturellement vers le rébètiko.

 

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avec  
  Michalis Genitsaris, Takis Binis, Kostas Tsanakos,
    Stelios Vamvakaris, Sotos Zachariadis
     
scénario et réalisation
  Timon Koulmasis, Iro Siafliaki
image
  Boris Breckoff
son
  Marinos Athanassopoulos
montage
  Aurique Delannoy
directrice de production
  Bonita Papastathi
producteur exécutif
  Iannis Leondaris
producteur
  Daniel Toscan du Plantier, Miriana Bojic-Walter
production
  ZETA PRODUCTIONS, ARTE, ERT, NMO, SBS TV Australia, CNC, PROCIREP, AIA FILMS
     
     
     

 

 


 

 

 
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